Profitant de cette belle fin d’été, les Savoyards de Lyon ont délaissé la Savoie pour filer plein Nord vers l’ancien duché, voisin et rival, de Bourgogne, et visiter sa capitale, Dijon, où nous avons retrouvé avec plaisir Jean-François Bochet-Cadet, Président des Savoyards de Bourgogne, qui nous a accompagnés pendant ces trois jours.
Ce week-end était particulièrement festif à Dijon puisqu’une grande braderie se déroulait en centre-ville et que, le 11 Septembre est la commémoration de la libération de la ville par la 1ère armée française commandée par le Général de Lattre de Tassigny.
Après notre installation à l’hôtel et avoir rencontré notre guide de l’office du tourisme, nous sommes partis à la découverte du cœur commerçant et vibrant de la ville. La rue de la Liberté, grande rue piétonne, envahie ce jour par les camelots et la foule, présente de nombreux immeubles haussmanniens ponctués de quelques pépites du Moyen-Âge, comme la maison aux trois visages, composée de trois pignons. La rue des Forges nous plonge dans la Renaissance avec ses hôtels particuliers aux façades riches de sculptures, comme l’hôtel Aubriot ou l’hôtel Morel-Sauvegrain dit hôtel de la nourrice (celle de Charles le Téméraire). Mais le centre de Dijon recèle aussi de beaux exemples d’immeubles art nouveau et art déco bordant des places ornées de fontaines ou d’horloges. Arrivés au Palais de Justice, récemment restauré, nous avons pu admirer l’immense salle des pas perdus et son oratoire richement décoré, la salle dorée, ornée des symboles de la royauté, et celle de la cour d’assises.

Pour finir cette première visite, notre guide nous a conduits au Palais des Ducs pour admirer le grand escalier de l’architecte Jacques Gabriel et la salle des États de Bourgogne. En rentrant à l’hôtel, un détour par l’église Notre-Dame, avec ses fameuses gargouilles et sa non moins fameuse famille de Jacquemarts, nous a permis d’aller caresser la célèbre chouette, dans la rue du même nom, et faire provision de moutarde au magasin Fallot et de pain d’épices aux Ets Mulot & Petitjean. Et justement le lendemain fut une journée dédiée à la gastronomie, d’abord aux halles de type Baltard, avec les spécialités de jambon persillé, gougère, pain d’épice et cetera, avant de partir pour une visite du château de clos Vougeot et une dégustation de vins. Certains d’entre nous avaient déjà eu la chance de visiter ce monument mais pas la chapelle qui vient d’être restaurée et qu’une émission de télévision avait annoncée ouverte à la visite. Il s’avère, malheureusement, que l’administration est moins rapide à délivrer les autorisations d’ouverture au public. Dommage !
Le dernier jour a été consacré à deux joyaux dijonnais, la cathédrale St Bénigne et le palais des ducs. De l’ancienne abbaye, il ne reste que le grenier actuellement transformé en restaurant, et l’église abbatiale érigée en cathédrale quand Dijon est devenue tardivement évêché (1731). La crypte-rotonde, avec sa coupole, inspirée du panthéon de Rome, est la première église créée à partir de 1003 par l’abbé Guillaume de Volpiano ; elle conserve les reliques de St Bénigne. L’église supérieure est de style gothique.
Le palais des ducs est un monument immense devenu en grande partie musée mais il comporte également l’hôtel de ville dominé par la tour Philippe le Bon. Sans pouvoir nous attarder devant les chefs d’œuvre qu’il contient, nous sommes directement allés voir les admirables tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans peur et son épouse Marguerite de Bavière, installés, après la révolution, dans la grandiose salle des gardes commandée par Philippe le Bon. Ce sont des cénotaphes car ces tombeaux se trouvaient auparavant à la chartreuse de Champmol, que Philippe le Hardi voulait instituer comme nécropole des ducs de Bourgogne, mais, en partie détruite à la révolution, elle est aujourd’hui dédiée à un hôpital psychiatrique.
Après un dernier salut au «Bareuzai» (fouleur de raisin qui avait le bas rosé par le jus) et, après avoir passé la porte Guillaume (de Volpiano) vestige des anciens remparts de la ville, nous nous sommes retrouvés pour une dernière photo, dans le jardin de la place Darcy, devant l’ours du sculpteur dijonnais François Pompon, avant le retour sur Lyon.
